JEUNES MAROCAINS ET EMPLOYABILITÉ : LE VRAI DÉFI N’EST PAS SEULEMENT LE DIPLÔME
On parle souvent du chômage des jeunes au Maroc comme d’un simple problème d’emplois. En réalité, le sujet est plus profond : c’est aussi un problème de préparation, de posture et d’adaptation.
Les chiffres sont déjà un signal fort. Le HCP rappelle qu’en 2024, le chômage reste particulièrement élevé chez les jeunes de 15 à 24 ans (36,7 %), chez les diplômés (19,6 %) et chez les femmes (19,4 %). Ce n’est donc pas seulement une question de “niveau d’études”, mais de qualité de transition entre formation et monde réel.
Le CESE va encore plus loin : il parle d’une articulation insuffisante entre la formation et le marché du travail, avec des dispositifs fragmentés et une transition souvent difficile vers l’emploi. Quand un jeune sort de formation sans expérience, sans orientation claire, et sans compréhension des codes professionnels, il entre sur le marché avec un handicap invisible.
C’est ici que les soft skills deviennent centrales : communication, discipline, logique, capacité à apprendre, confiance, posture professionnelle. Ce ne sont pas des “extras”. Ce sont des compétences d’intégration. La littérature sur l’employabilité au Maroc insiste justement sur leur rôle déterminant dans l’insertion des jeunes diplômés.
À mon sens, la réponse ne doit pas être seulement “plus de formation”, mais une autre manière de former : plus de pratique, plus de simulation, plus d’orientation, plus de culture professionnelle, plus de liens avec la réalité du marché.
Le Maroc a une jeunesse puissante. Mais cette puissance doit être structurée. Former un jeune aujourd’hui, ce n’est pas juste lui donner un cours. C’est l’aider à devenir lisible, crédible et prêt pour le réel.
